Message de Phlippe Lhomme, Président du CAMULC

Chères adhérentes,
Chers adhérents,
Chers amis,
 
Vous avez tous pris connaissance de l’annonce, hier, par le Premier ministre, des conditions de la phase II du déconfinement et des perspectives de fin de la mesure de fermeture administrative à l’encontre de nos établissements.

Les décisions annoncées ont été prises en l’absence totale de concertation avec les organisations patronales du spectacle vivant.

Bien sûr, comme vous toutes et tous, j’attends avec impatience de contempler le rideau de mon cabaret se lever devant une salle comble et de voir s’inscrire sur le visage des artistes le bonheur d’être à nouveau sur scène. Plus de deux mois que cette attente dure…

Aujourd’hui, certes, nous voyons poindre la lumière au bout du tunnel. Mais la décision du gouvernement, prise sans concertation, est loin de nous satisfaire et témoigne d’une regrettable méconnaissance de divers fondamentaux de nos métiers.

D’une même voix avec les autres organisations patronales du spectacle vivant, depuis des semaines, nous demandons la négociation d’un protocole sanitaire qui permette de présenter nos spectacles dans le respect de nos critères de qualité artistique, tout en assurant la préservation de la santé de nos artistes et de l’ensemble des membres de notre personnel.

 
Or, dans l’état actuel des règles sanitaires, celles-ci sont incompatibles avec les interactions entre artistes (aussi bien qu’entre les artistes et les régisseurs, ou encore, entre ces deniers) inhérentes à tout spectacle de cabaret. L’annonce de hier soir est tombée alors que les fiches « métiers » d’un futur guide sanitaire étaient en cours d’élaboration au sein du Ministère de la Culture. Les fiches visant la danse et le cirque (en vérité, les prestations d’artistes de variété) étaient quasiment bouclées et concluaient à l’impossibilité de concilier ces pratiques artistiques avec le respect des mesures sanitaires, dans leur état actuel.
 
Par ailleurs, préalablement à toute réouverture, tout un processus de préparation s’impose.
 
Tout d’abord en termes de remise en forme des artistes, et principalement des danseuses, danseurs et circassiens. La fiche métier, du Ministère de la Culture, relative à la danse préconise même d’obliger les danseurs et danseuses à se soumettre à un examen cardiaque de manière à vérifier l’absence de séquelles chez celles et ceux qui auraient contracté le virus.
 
A la remise en forme devrait succéder un certain nombre de répétitions pour pallier à la longue période sans avoir joué le spectacle à l’affiche.
 
Enfin, la préparation concerne aussi tous les contacts commerciaux qu’il faut réactiver dans l’espoir de remplir au mieux la salle.
 
Il ne faut pas sous-estimer cet aspect car, entre-temps, la crise a eu pour effet de modifier le paysage, en particulier dans le monde touristique, avec de nombreuses entreprises purement et simplement disparues.
 
Pour la plus grande majorité de nos établissements, toute cette préparation demande deux à trois mois de travail.
 
Nous avions anticipé le risque d’une levée de l’interdiction couplée à une fin de divers avantages dont nous bénéficions tous à ce jour, tels que le recours, dans des conditions financièrement très favorables, au chômage partiel ou l’exonération des charges patronales. Nous avons ainsi bataillé pour obtenir que certaines mesures du plan tourisme puissent nous être applicables, telles que, précisément, la possibilité, pendant une certaine période, après la reprise des activités, de continuer de bénéficier des deux mesures citées ci-avant. En principe, ce devrait être le cas. Nous attendons, cependant, le passage, à l’Assemblée nationale, de la loi de finances rectificative, pour vous confirmer cette bonne nouvelle.
 
De nombreuses interrogations se posent aussi en ce qui concerne les conditions d’accueil du public.
 
Dès la fin de l’intervention du Premier Ministre, hier soir, nous avons réagi auprès du Cabinet du Ministre de la culture. Des aménagements et des mesures d’accompagnement paraissent possibles. Des réunions sont programmées la semaine prochaine à ce sujet.
 
Tous ces éléments nous amènent à être très prudents avant de pouvoir envisager une réouverture.
 
La décision vous revient, à vous seuls. Néanmoins, nous devrions disposer de plus d’informations après la semaine prochaine (soit vers le 7-8 juin). Nous ne manquerons pas de vous les communiquer pour que vous puissiez prendre votre décision en toute connaissance de cause.
 
Je sais combien vous devez piaffer d’impatience. Cette impatience, je la partage entièrement, croyez-le-bien. S’y ajoute la rage que nos métiers soient si peu connus par les responsables politiques et qu’on puisse prendre des décisions qui nous concernent dans l’improvisation complète et sans concertation.
 
Avec tous les administrateurs de votre syndicat, et avec Daniel Stevens, je peux vous assurer que nous sommes en permanence au front pour défendre nos intérêts communs, vos intérêts.
 
Prenez soin de vous,
 
Très cordialement,
 
Philippe Lhomme,
Président

CAMULC - Syndicat National des Cabarets, Music-Halls et Lieux de Création

...a été créé en 2016 pour être l’organisation patronale représentative des Cabarets, Music-Halls et Lieux de CréationLa fonction principale de CAMULC est de vous représenter - mais nous avons aussi comme ambition de pouvoir être votre interlocuteur sur de nombreux sujets notamment auprès  des pouvoirs publics, du CNV.

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